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Bougie en cire végétale : est-ce vraiment non toxique ?

Par Margo, artisane cirière

En bref

Aucune bougie n’est totalement non toxique : toute combustion consomme de l’oxygène et libère des particules, quelle que soit la cire. En revanche, une cire végétale identifiée, une mèche de coton et un parfum sans CMR ni phtalates, utilisés dans une pièce aérée et jamais plus de quatre heures d’affilée, ramènent ce que l’on respire à ce qui est inévitable.

Margo versant de la cire végétale dans un contenant à l’atelier

Une bougie peut-elle être vraiment non toxique ?

Non, et je préfère commencer par là. Une flamme est une combustion : elle consomme de l’oxygène, produit du dioxyde de carbone, de la vapeur d’eau et des particules. C’est vrai d’une bougie en paraffine, d’une bougie en soja, d’une bougie en cire d’abeille, et c’est vrai d’une cheminée ou d’une plaque de cuisson au gaz.

L’étiquette « non toxique » sur une bougie est donc un raccourci commercial. La bonne question n’est pas « est-elle inoffensive ? », mais « qu’est-ce que je peux éviter de respirer en plus de l’inévitable ? ». Et là, il y a de vraies différences entre deux bougies.

La cire végétale change-t-elle quelque chose ?

Oui, sur la suie. Une cire végétale brûle plus proprement qu’une paraffine, issue du raffinage du pétrole : moins de dépôt noir sur le verre et sur les murs clairs. C’est la raison principale pour laquelle je ne coule pas de paraffine, et je l’ai détaillée dans l’article consacré à la paraffine.

Ma bougie signature associe soja et coco ; mes fondants et suspensions sont en colza, sans OGM ni pesticides et produit en Europe. Entre cires végétales, l’écart est faible. Ce qui compte davantage, c’est qu’elle soit nommée : « cire naturelle » sans autre précision peut cacher un mélange. Les différences entre les trois cires sont expliquées dans soja, colza, coco.

Et la mèche, a-t-elle une importance ?

Plus qu’on ne le croit. La mèche décide de la taille de la flamme, donc de la propreté de la combustion. Une mèche de coton sans plomb, adaptée au diamètre du contenant, donne une flamme stable qui consomme bien la cire. Une mèche trop grosse fait une flamme haute qui fume et noircit le verre.

C’est aussi le seul élément sur lequel vous avez la main à la maison : recoupez-la à 5 mm avant chaque allumage. C’est le geste le plus simple et le plus efficace pour limiter la fumée. Le choix entre coton et bois est un autre sujet, que je traite dans mèche en bois ou en coton.

Le parfum est-il le point le plus sensible ?

À mon sens, oui. C’est la partie la moins visible d’une bougie et celle qui varie le plus d’un fabricant à l’autre. Les deux familles de substances que je refuse sont les CMR — cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction — et les phtalates. Mes fragrances, composées à Grasse, n’en contiennent pas, et ne contiennent pas non plus de matière animale.

Attention, « parfum de Grasse » n’est pas un label : c’est une origine de composition. Ce qui est vérifiable, c’est la fiche technique de la fragrance. Une maison qui ne peut pas vous dire si son parfum contient des CMR ou des phtalates ne le sait probablement pas elle-même.

Comment allumer une bougie le plus sainement possible ?

Quatre habitudes suffisent. Aérez la pièce après usage, et ne faites pas brûler une bougie des heures dans une petite pièce fermée. Ne dépassez pas quatre heures d’affilée. Recoupez la mèche à 5 mm. Éloignez la bougie des courants d’air, qui font vaciller la flamme et produisent de la suie.

Et éteignez sans souffler : le souffle laisse la mèche rougeoyer et envoie un panache de fumée noire. Un éteignoir, ou la mèche noyée un instant dans la cire puis redressée, évitent cela — l’explication complète est ici.

Et si l’on ne veut aucune flamme du tout ?

C’est une option parfaitement raisonnable, notamment dans une chambre d’enfant ou pour quelqu’un qui respire mal la fumée. La suspension parfumée diffuse à froid, sans flamme ni chaleur, pendant plusieurs mois dans un espace fermé. Le diffuseur à tiges, à base végane et sans alcool, parfume en continu une entrée ou une salle d’eau.

Le fondant, lui, demande une bougie chauffe-plat sous le brûle-parfum : il y a donc une petite flamme, même si la cire parfumée ne brûle pas. Je le précise parce qu’on le présente souvent comme « sans flamme », ce qui n’est vrai qu’avec un brûle-parfum électrique.

Comment reconnaître une bougie sérieuse en boutique ?

Retournez-la. Une étiquette sérieuse donne le nom de la cire, le poids, l’adresse du fabricant et les mentions de sécurité réglementaires. Les pictogrammes et phrases d’avertissement liés au parfum ne sont pas un mauvais signe en soi : ils signalent les allergènes présents, comme pour toute fragrance.

Ce qui devrait vous alerter, c’est l’absence d’information : pas de cire nommée, pas de poids, pas d’adresse. N’hésitez pas à poser la question au vendeur, ou à l’artisan s’il est là. C’est d’ailleurs pour cela que l’atelier de Nançay ouvre sur rendez-vous : on vient sentir, on regarde les matières, on pose ses questions. La visite se prépare ici.

Questions fréquentes

Les bougies en cire de soja sont-elles toxiques ?

Comme toute flamme, elles produisent du dioxyde de carbone et des particules, mais moins de suie qu’une paraffine. Ce qui pèse le plus ensuite, c’est la fragrance : préférez-la sans CMR ni phtalates, et aérez après usage.

Combien de temps peut-on laisser brûler une bougie dans une pièce ?

Pas plus de quatre heures d’affilée, et pas des heures entières dans une petite pièce fermée. Au-delà, la mèche champignonne, la flamme grossit et la combustion devient moins propre. Aérez après usage.

Quelle alternative sans flamme à la bougie ?

La suspension parfumée, qui diffuse à froid pendant plusieurs mois dans un espace fermé, et le diffuseur à tiges, à base sans alcool. Le fondant, lui, demande une chauffe-plat, sauf avec un brûle-parfum électrique.

Une autre question ? Voyez la page des questions fréquentes ou le glossaire.